Destruction de l’hôpital et de la maternité de Kafr Zeta – La vague de bombardements sur les infrastructures médicales continue - UOSSM FRANCE

Destruction de l’hôpital et de la maternité de Kafr Zeta – La vague de bombardements sur les infrastructures médicales continue

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L’hôpital et la maternité de Kafr Zeta, à Hama, ont été complètement mis hors-service ce lundi 1er mai après avoir été attaqué pas moins de trois fois en seulement 24 heures. Face aux attaques intensives sur les hôpitaux ces dernières semaines, les ONGs médicales présentes en Syrie, lancent une déclaration commune : stop au massacre ! 

La première attaque a eu lieu le vendredi 28 avril à 4h du matin, heure locale, endommageant une première fois l'établissement et les cliniques externes. La deuxième a suivi le samedi 29 avril à 8h45 du matin, causant cette fois des dégâts majeurs au service d'urgence et blessant un membre du personnel. Enfin, une troisième attaque à 14h le même jour, a fini de détruire ce qui restait de l’établissement. L’hôpital a été évacué dès la première attaque, aucun décès n’est à signaler. Par mois, l'hôpital dispensait 4 050 consultations, 140 accouchements dont 40 césariennes, 280 chirurgies majeures et 66 prises en charge des traumatismes liés à la guerre.

L'hôpital avait été construit et légué par le Dr Hassan Al-Araj, un cardiologue tué dans une attaque ciblée de l'hôpital souterrain de Hama en avril 2016. Le Dr Al-Araj souhaitait que cet hôpital fournisse des soins médicaux gratuits à toutes les personnes de la région.

Le Dr Ahmed Dbeis, directeur de la sécurité à l'UOSSM a déclaré : « Lorsque l’hôpital était attaqué, le Dr Al-Araj insistait toujours pour continuer ses opérations jusqu’au bout parce qu'il était au service des personnes qui en avaient le plus besoin. Chaque fois qu'une fenêtre se cassait ou que l'hôpital était endommagé, il veillait personnellement à ce que tout soit réparé. Le docteur Al-Araj a quitté sa famille en Turquie et a insisté pour être présent en permanence à l'hôpital auprès de ses patients. Il me disait toujours que cet hôpital devait rester ouvert pour servir la population, étant le seul de la région, ouvert par le seul cardiologue de la région également. L'hôpital a été attaqué plus régulièrement que la plupart des autres installations en Syrie. Il travaillait constamment à le fortifier avec de la terre, du béton et par n'importe quel moyen pour assurer coûte que coûte la sécurité du personnel médical et des patients. Le docteur Al-Araj était un véritable héros qui a donné sa vie pour servir les autres ».

Il ajoute : « Nous voulions que cet hôpital fonctionne en mémoire du Dr Al-Araj. C'est une tragédie de voir son hôpital détruit, mais nous continuerons à rendre hommage à ce héros et à faire honneur à son héritage. Les médecins et le personnel vont continuer leur travail et de nouveaux hôpitaux seront construits ».

Les attaques contre les installations médicales s’intensifient partout en Syrie. Lundi 1er mai, à 11h du matin, heure locale, l'hôpital d'Arbeen, à l'est de Ghouta, a été attaqué et mis hors service suite à l’effondrement d’un bâtiment de quatre étages qui se trouvait à côté. Trois civils ont été tués (deux enfants et une femme) et des dizaines d’autres ont été blessés. L'hôpital fournissait par mois une moyenne de 1 400 consultations et 125 chirurgies majeures.

Le 29 avril, à 12h30, heure locale, le centre de défense civile de Kafr Zeta (tenu par les Casques blancs) a été attaqué. Huit membres du personnel ont été tués et l'installation a été mise hors service. Héros de cette guerre, les Casques Blancs apportent une aide précieuse à nos médecins sur le terrain. Nous saluons leur courage et continuerons de travailler ensemble pour sauver des vies.   

Le vendredi 28 avril, à 13h, heure locale, l'hôpital Nuaymah à Deraa avait lui aussi été attaqué et mis hors service.

Stop au massacre ! Face aux attaques intensives sur les hôpitaux ces dernières semaines, les ONG médicales présentes en Syrie, lancent une déclaration commune : 

  • UOSSM (Union des organisations de soins médicaux et de secours)
  • SAMS (Syrian American Medical Society)
  • SBMS (Syrian British Medical Society - Membre UOSSM)
  • Syria Relief (Membre UOSSM)
  • SHAAM Humanitarian
  • SIMRO (Sustainable International Medical Relief Organization)
  • IDA (Independent Doctors Association)
  • SEMA (Syrian Expatriate Medical Association)

Nous exigeons que les Nations-Unies prennent des mesures immédiates pour protéger les établissements médicaux et les civils d'Idlib et de toute la Syrie. De plus, nous demandons l’ouverture d’une enquête et la poursuite sans délai des responsables des crimes de guerre et des atrocités commises contre les civils et le personnel médical. Le meurtre systématique du personnel médical, des enfants et des civils doit cesser avant qu'il ne soit trop tard. Dix établissements médicaux à Idlib ont été délibérément attaqués en avril, l'infrastructure médicale est complètement paralysée et des milliers de personnes se retrouvent sans accès à des soins médicaux. De nombreux autres hôpitaux en Syrie ont également été les cibles de frappes en avril.


Attaques sur des établissements médicaux en avril : 

• 2 avril - hôpital Maaret al-Numan, Idlib
• 4 et 16 avril - Hôpital Al-Rahme à Khan Sheikhoun, Idlib
• 7 et 8 avril - Clinique Heish, Idlib
• 17 avril - hôpital Ikhlas Shnan, Idlib
• 17 avril - hôpital Erbin, Ghouta-Est
• 22 avril - hôpital centrale Abdin, Idlib
• 25 avril - hôpital Kafr Takharim, province d'Idlib
• 26 avril - hôpital Naseeb, Daraa
• 26 avril - hôpital Al-Latamneh, Hama
• 27 avril - hôpital universitaire Deir Est, Idlib
• 27 avril - centre médical de SAMS Ambulance Maar Zeta, province d'Idlib
• 27 avril - centre d'évacuation et ambulancier de Shamuna Maar Zeta, Idlib
• 28 avril - maternité de Kafr Takharim, Idlib 
• 29 avril - hôpital Al-Nuaymeh, Deraa
• 28 et avril - hôpital Kafr Zeta spécialisé en chirurgie et maternité, banlieue de Hama