Journée d'horreur : le dernier hôpital d'Alep a été détruit. Il ne reste aucun hôpital en service à Alep Est - UOSSM FRANCE

Journée d'horreur : le dernier hôpital d'Alep Est a été détruit. Plus aucun hôpital en service.

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La situation à Alep Est a atteint un seuil extrêmement critique avec des bombardements sans précédent. Le dernier hôpital d'Alep Omar Ibn Abdul Aziz a subi depuis 20h30 heure locale une heure de tir d'artillerie en rafale empêchant toutes les équipes de secours d'intervenir. 

Le nombre de victimes définitif n’est pas encore connu mais selon certains témoignages, il y aurait toujours des patients et des membres du personnel médical coincés sous les décombres. L'évacuation des blessés a commencé. L'hôpital est sévèrement endommagé le rendant inutilisable. Plus aucun hôpital ne fonctionne à Alep Est, la population ne peut plus se faire soigner, elle manque d'eau et de nourriture, il n'y a presque plus de pétrole. 

L'UOSSM, Union des Organisations de Secours et Soins Médicaux,  se joint à l'appel des autorités locales civiles d'Alep et demande à la France et aux autorités internationales de procéder à un largage d'aide alimentaire et médicale en urgence ou à l'acheminement immédiat de convois humanitaires. C'est une nécessité absolue pour la survie de la ville et de ses habitants.  

La Direction générale de la santé a confirmé que quatre hôpitaux à Alep ont été fermés aujourd’hui après que de lourdes frappes aériennes se sont abattues sur les structures médicales privant Alep Est d’hôpitaux capables d’accueillir les blessés.  

Le premier hôpital qui a été visé aujourd’hui avait déjà subi deux attaques durant ces trois derniers jours. L’attaque a été filmée par un reporter d’Al Jazeera, Omar Al-Halabi. Il se trouvait à l’intérieur de l’hôpital pour faire un reportage sur les patients soignés pour des lésions qui auraient été provoquées par du chlore largué sur le quartier de Hanano. La caméra du reporter était allumée au moment où les bombes ont touché l’établissement, capturant le chaos qui régnait alors. On voit deux infirmières qui éclatent en sanglots alors qu’elles sortent deux bébé prématurés de l’unité néonatale de soins intensifs. Selon le Turkey Health Cluster, cet hôpital accueillait 3812 patients et enregistrait 300 admissions par mois. 

 Vidéo d'Al-jazeera en direct de l'hôpital pédiatrique bombardé en direct ce matin 

https://www.facebook.com/UOSSM.France/videos/1363674610318665/

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Selon des sources non encore vérifiées par l'UOSSM, 12 civils présentant des symptômes correspondant à une inhalation de chlore ont été blessés alors que 6 barils d’explosifs étaient largués sur le quartier de Hanano. Ces barils contenaient des agents suffocants suspectés d’être du chlore.

Un autre hôpital a été attaqué pour la troisième fois en trois jours. Il a également été mis hors d’état de fonctionner. Selon le Turkey Health Cluster, 3209 patients étaient soignés, 369 consultations étaient données et 137 opérations chirurgicales étaient pratiquées chaque mois.

Hier, un troisième hôpital a été la cible de raids aériens. L’établissement n’a pas totalement été détruit mais il a tout de même dû fermer ses portes. selon le Turkey Health Cluster, les employés de l’hôpital recevaient 3000 patients et pratiquaient 454 opérations chirurgicales par mois. L’hôpital enregistrait 194 admissions mensuelles.

Ces bombardements intensifs et le ciblage des hôpitaux mettent en lumière la constante et dramatique détérioration de la situation sanitaire à Alep Est, la région souffrant d’une pénurie de fournitures médicales et de structures de soins depuis des mois. Les autorités locales implorent les Nations Unies de procéder à un largage ou à l’acheminement de convois d’aide humanitaire, de nourriture et de matériel médical.

Au cours de ces dix derniers jours, au moins 12 hôpitaux et structures de santé ont été bombardés, deux membres du personnel médical ont été tués et 16 autres, y compris des médecins et des infirmiers, ont été blessés.

Le Dr Ziad Alissa, président de l'UOSSM France explique :  "La situation est terrible dans la partie assiégée d'Alep. Aucune aide médicale, aucun secours ne peut être apporté aux habitants, les patients ne peuvent être transportés malgré leur condition. Les personnes sont coincées sous les décombres. Il manque d'équipes de secours pour les sauver. Les populations subissent des bombardements constants et des raids d'un extrême intensité. Les centaines de blessés quotidiennement, depuis plusieurs jours, ne savent plus vers qui se tourner. Le monde entier reste aveugle au sort des 250 000 habitants d'Alep Est, étouffé par le siège n'attendant que la mort comme issue.

Nous exhortons la communauté internationale à apporter soutien et aide sur le terrain pour reconstruire ces hôpitaux détruits et condamner les responsables de ces crimes de guerres commis en violation du droit international et des conventions de Genève." 

Depuis 2011, l’UOSSM estime à plus de 500 attaques visant des structures médicales et plus de 750 professionnels de santé tués (dont approximativement 115 en 2016) Les chiffres établis ne listent pas les mutilés, les blessés et les attaques non rapportées.

Les noms des hôpitaux ont délibérément été masqués dans le souci de protéger le personnel et les établissements.

 UOSSM France

L’UOSSM, Union des Organisations de Secours et Soins Médicaux est une organisation humanitaire médicale française et  internationale dont la mission est d’apporter secours et soins médicaux aux populations affectées par le conflit en Syrie, sans aucune considération pour leur nationalité, leur origine ethnique, leur sexe, leur religion ou leur affiliation politique. Crée en 2012, l’UOSSM a déployé son action autour de cinq programmes majeurs en Syrie pour accompagner et soutenir le personnel soignant, les victimes civiles et les malades au quotidien : la construction et le soutien d’hôpitaux, la mise en place de centres de soins primaires, de centres de soutien psychologique et de santé mentale, la formation du personnel médical et la recherche médicale. L’UOSSM soutient plus de 120 hôpitaux et plus de 200 centres de santé à travers toute la Syrie.